• 12 MAR 16
    Le détatouage

    Le détatouage

    Le quotidien belge Vers l’Avenir a interviewé le Dr Pierre Vervecken, dermatologue à l’Espace Messidor sur le détatouage. Vous pouvez découvrir cet article sur le site du journal en cliquant sur ce lien ou le lire dans son intégralité ci-dessous.

    Le détatouage, une solution satisfaisante?

    Un tatouage, c’est un engagement définitif. Jusqu’au jour où on ne le supporte plus. Des techniques d’effacement viennent aujourd’hui au secours des indécis.

    «À Maxime pour la vie.» Une inscription difficile à assumer, lorsque le principal intéressé a définitivement plié bagage. La rupture amoureuse, c’est l’exemple classique du détatouage. Même si d’autres raisons peuvent être invoquées. «Parfois, les motifs que l’on trouvait sympas à 20 ans ne le sont plus à 30 ou 50 ans», note Pierre Vereecken, dermatologue au Chirec, à Bruxelles. Ce changement d’avis s’accompagne le plus souvent de multiples séances de laser, encadrées par un professionnel.

    Eviter le tatouage?

    Les spécialistes sont formels: mieux vaut être vigilant, avant de passer sous l’aiguille. Selon Michel Bernard, dermatologue à Bruxelles, il s’agit «d’éviter les zones socialement visibles, comme le cou ou les poignets, pour des raisons professionnelles.» Le tatouage peut par ailleurs entraîner certains effets indésirables, comme des réactions allergiques ou inflammatoires. «La couleur rouge provoque parfois des réactions allergiques particulièrement violentes.»

    Ce faisant, serait-il préférable de se passer du tatouage? Non, d’autant qu’il présente des bienfaits thérapeutiques, souvent méconnus du grand public. Pour Pierre Vereecken, «le tatouage n’a pas que des aspects négatifs. Il peut être d’une grande aide pour les personnes victimes de pelades, par exemple. Ces patients sont contents de pouvoir se redessiner des sourcils grâce à cette technique.» De plus, il constitue un réel soutien psychologique, pour certains malades. «Après de lourdes interventions, comme celles qui concernent un cancer du sein, la patiente va pouvoir entamer un processus de reconstruction d’une image du mamelon par ce biais-là.» La preuve que le tatouage dépasse la stricte vocation esthétique.

    Les détatouages en pratique

    Technique : La méthode de détatouage employée par les professionnels est celle du laser Q-Switched. Celui-ci envoie de la lumière sous forme d’impulsions rapides. Le faisceau pénètre la peau et fait exploser les pigments, en évitant les brûlures et les cicatrices. «Il faut toutefois que la lumière soit compatible avec la couleur du pigment utilisé», précise Jérôme Garbay, médecin au centre Nutriesthetic à Liège.

    Résultat : Si les techniques sont de plus en plus sophistiquées, les résultats demeurent inégaux. Et dépendent du type de tatouage. «On obtient de bons résultats pour les couleurs classiques, comme le noir et le bleu foncé, explique Michel Bernard. Mais il est plus difficile d’enlever les couleurs pastel.» Notons que certaines parties du corps, «comme le bas des jambes», présentent aussi une difficulté.

    Douloureux ? Selon Jérôme Garbay, l’intervention s’apparente «à de petits coups d’élastique très rapides». Il ne s’agit donc pas d’une technique indolore. Cela dit, pour minimiser cette sensation d’inconfort, «il est possible d’appliquer une crème anesthésiante avant la séance de laser, pour bien endormir la peau». Solution à laquelle s’ajoute aussi un système de refroidissement de celle-ci.

    Budget : Il faut compter entre 5 et 10 séances pour obtenir le résultat escompté. Tout en sachant que l’intervention au laser est nettement plus coûteuse que le tatouage lui-même. Selon le format de celui-ci, les prix varient entre 50 et 150 euros par séance. Pour éviter de dépenser des sommes folles, des techniques de recouvrement (idéales en cas de tatouage peu satisfaisant), vous permettront de sauver la mise.

    Céline Demelenne

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